Alors que les célébrations du dimanche des Rameaux et de Pâques ont été limitées ou annulées dans plusieurs pays du Moyen-Orient, les communautés chrétiennes continuent de témoigner d’une foi profonde et d’une espérance vivante, même face à la persécution et à la violence. Ce regard rétrospectif met en lumière leur courage et leur résilience pendant cette période difficile.
La période de Pâques est souvent un moment où l’Église, dans les régions du monde où les chrétiens sont persécutés, est confrontée à des dangers accrus et à la possibilité de violences.
De nombreuses célébrations du dimanche des Rameaux au Moyen-Orient ont été annulées en raison de la menace de persécution et des tensions dans la région.
Six jeunes chrétiens arrêtés en Syrie
En Syrie, des chrétiens ont été pris pour cibles lorsque des violences ont éclaté vendredi 27 mars dans la ville d’al-Suqaylabiyya. Les troubles ont commencé après que deux jeunes hommes d’un village voisin ont harcelé une jeune femme chrétienne.
Lorsque de jeunes chrétiens sont intervenus pour la défendre, une bagarre a éclaté et a rapidement dégénéré. Un groupe d’environ cent personnes a alors saccagé des magasins, endommagé des voitures et proféré des insultes contre les chrétiens.
Terrifiées pour leur sécurité, des familles se sont cachées chez elles et ont prié pour être protégées. Pendant des heures, aucune aide n’est venue des forces de sécurité. Ce n’est que lorsque des renforts sont arrivés que le calme a été rétabli.
Six chrétiens ont été arrêtés, tandis qu’aucune des personnes ayant attaqué le village n’a été placée en détention. Les responsables d’église – qui ont depuis contacté des dirigeants musulmans locaux pour tenter de restaurer la paix dans la communauté – ont reçu l’assurance des forces de sécurité que ces jeunes hommes seraient libérés prochainement.
Dans un autre incident, des tombes chrétiennes du village d’al-Rawda, dans la province de Tartous, ont été vandalisées: des croix ont été arrachées de certaines pierres tombales. Face à la possibilité d’attaques et aux doutes quant à la capacité des autorités à assurer leur protection, plusieurs célébrations publiques du dimanche des Rameaux ont été annulées.
En Irak, des célébrations de Pâques annulées
Dans le nord de l’Irak, des milliers de chrétiens ont également été attristés après l’annulation d’une grande célébration du dimanche des Rameaux. Cet événement comprend habituellement une procession derrière une croix, avec des drapeaux, des chants, des vêtements traditionnels et des prières.
Ce moment, important pour les chrétiens d’Irak comme du reste du monde, est un moment de communion où les chrétiens irakiens auraient pu reprendre des forces et se recentrer sur l’espérance de la résurrection de Jésus. Mais en raison des tensions dans la région et par solidarité avec les chrétiens iraniens, les responsables d’église ont pris la difficile décision d’annuler la célébration.
Cette décision a été présentée comme une «responsabilité pastorale». Les églises ont été encouragées «à vivre la fête dans un esprit de foi, de prière et de solidarité fraternelle, et à s’abstenir de manifestations de joie trop visibles et de célébrations, par solidarité avec les souffrants et ceux qui sont touchés par les fléaux de la guerre, et afin de préserver la sécurité de tous», a déclaré Benedictus Younan, l’évêque de Mossoul. Cette recommandation concernait l’ensemble des rassemblements pendant la période de Pâques.
«Cette année, je me sens triste, découragée et déçue, parce que nous n'avons pas pu pas célébrer comme nous en avions l’habitude», a confié une chrétienne irakienne, exprimant le sentiment partagé par de nombreux Irakiens et par d’autres croyants du Moyen-Orient qui attendent habituellement les célébrations de Pâques avec impatience. Des restrictions similaires ont touché les croyants dans la plupart des pays de la région.
Une espérance plus forte que les ténèbres pour les chrétiens iraniens
Alors que leur nation est dans l’attente, les chrétiens en Iran se sont accroché à l’espérance de Pâques. Moussa (pseudonyme), responsable d’église iranien et partenaire de Portes Ouvertes, nous confiait récemment: «Même sous l’ombre de la guerre, Dieu donne la vie. Même dans le déplacement, Dieu donne Sa présence. Même dans le deuil, Dieu fait naître l’espérance de la résurrection.»
Tel est le paradoxe qu'ont porté les Iraniens à Pâques: ils ont pleuré, et pourtant ils se sont réjouis. Ils se sont souvenu de la douleur, et pourtant ils ont proclamé l’espérance. Ils ont vu les ténèbres, et pourtant ils savaient que le tombeau était vide.